Déroulé de l'exercice
📋 Comment le mener
L’exercice se joue à deux, au centre du plateau, face à face ou en scène ouverte. Avant de démarrer, pose le cadre : les joueurs vont construire une scène en réaction émotionnelle pure, sans jamais décrire un fait ni analyser l’autre.
Lance l’exercice avec une amorce simple : le joueur A prononce une première réplique qui pose une situation ou une intention (« J’ai décidé de vendre la maison. »). Le joueur B ne peut pas répondre directement : il doit d’abord dire « En t’écoutant, je ressens… » suivi du nom d’une émotion brute, puis compléter sa phrase pour faire avancer la scène en lien avec ce ressenti. Le joueur A reprend ensuite le même principe, et ainsi de suite.
Demande au groupe de marquer un vrai temps d’arrêt entre chaque réplique : c’est ce silence qui laisse l’émotion s’installer avant d’être verbalisée. Laisse tourner l’exercice quelques minutes, le temps que la scène trouve une vraie tension ou une résolution.
La règle d’or : une émotion nommée doit toujours se voir dans le corps et s’entendre dans la voix, jamais rester une simple étiquette posée sur la phrase.
Objectif pédagogique
🎯 Ce que travaille cet exercice
- Écoute active : le joueur n’écoute plus pour préparer sa réplique, mais pour capter l’impact réel des mots de l’autre sur lui.
- Connexion et relation : nommer une émotion en réaction directe au partenaire crée un vrai lien de scène, pas un simple échange de répliques.
- Corps-voix : l’émotion annoncée doit se voir et s’entendre. L’exercice interdit de dire « je ressens de la colère » avec une voix plate et un corps mou.
- Gestion du rythme et du silence : la formule impose un temps d’arrêt avant de parler. Les joueurs apprennent à ralentir et à laisser respirer la scène.
- Sous-texte : chaque réaction émotionnelle nourrit la relation entre les personnages sans avoir besoin de l’expliquer.
Conseils pratiques
💡 Nos conseils
- Traque la fausse émotion : le piège numéro un, c’est de glisser une pensée ou un constat à la place d’un ressenti (« je ressens que tu as envie de partir » au lieu de « je ressens de la tristesse »). Coupe et corrige dès que tu l’entends.
- Impose le silence : les joueurs habitués au rythme rapide vont vouloir enchaîner vite. Ralentis-les à la voix si besoin, en comptant mentalement deux secondes avant chaque réplique.
- Vérifie l’accord corps-voix : une émotion dite sur un ton monocorde avec un corps immobile sonne faux. Encourage les joueurs à exagérer légèrement au début pour que le ressenti devienne organique.
- Élargis le vocabulaire émotionnel : les débutants reviennent toujours vers « content » ou « triste ». Prévois en amont une liste d’émotions (jalousie, soulagement, fierté, honte…) à afficher ou à rappeler oralement.
- Débriefe sur l’impact, pas sur l’histoire : à la fin, demande aux joueurs ce qu’ils ont ressenti physiquement, pas ce qui s’est passé dans la scène. C’est là que se loge l’apprentissage.
- Commence par des prémisses neutres : une amorce trop chargée émotionnellement dès le départ empêche les joueurs de construire une progression. Privilégie une situation simple et laisse l’émotion monter au fil des répliques.