Exercice  ·  Émotions

En t’écoutant, je ressens

Un exercice en duo qui oblige chaque joueur à nommer et incarner une émotion avant de répondre, pour ancrer la scène dans le ressenti plutôt que dans le bavardage.

Type Exercice
Public Tous publics
Niveau Tous niveaux
Format Duo
Durée 10–20 min
Parole Avec parole
Énergie Progressif

Déroulé de l'exercice

📋 Comment le mener

L’exercice se joue à deux, au centre du plateau, face à face ou en scène ouverte. Avant de démarrer, pose le cadre : les joueurs vont construire une scène en réaction émotionnelle pure, sans jamais décrire un fait ni analyser l’autre.

Lance l’exercice avec une amorce simple : le joueur A prononce une première réplique qui pose une situation ou une intention (« J’ai décidé de vendre la maison. »). Le joueur B ne peut pas répondre directement : il doit d’abord dire « En t’écoutant, je ressens… » suivi du nom d’une émotion brute, puis compléter sa phrase pour faire avancer la scène en lien avec ce ressenti. Le joueur A reprend ensuite le même principe, et ainsi de suite.

Demande au groupe de marquer un vrai temps d’arrêt entre chaque réplique : c’est ce silence qui laisse l’émotion s’installer avant d’être verbalisée. Laisse tourner l’exercice quelques minutes, le temps que la scène trouve une vraie tension ou une résolution.

La règle d’or : une émotion nommée doit toujours se voir dans le corps et s’entendre dans la voix, jamais rester une simple étiquette posée sur la phrase.

  • Écoute active : le joueur n’écoute plus pour préparer sa réplique, mais pour capter l’impact réel des mots de l’autre sur lui.
  • Connexion et relation : nommer une émotion en réaction directe au partenaire crée un vrai lien de scène, pas un simple échange de répliques.
  • Corps-voix : l’émotion annoncée doit se voir et s’entendre. L’exercice interdit de dire « je ressens de la colère » avec une voix plate et un corps mou.
  • Gestion du rythme et du silence : la formule impose un temps d’arrêt avant de parler. Les joueurs apprennent à ralentir et à laisser respirer la scène.
  • Sous-texte : chaque réaction émotionnelle nourrit la relation entre les personnages sans avoir besoin de l’expliquer.
  • Traque la fausse émotion : le piège numéro un, c’est de glisser une pensée ou un constat à la place d’un ressenti (« je ressens que tu as envie de partir » au lieu de « je ressens de la tristesse »). Coupe et corrige dès que tu l’entends.
  • Impose le silence : les joueurs habitués au rythme rapide vont vouloir enchaîner vite. Ralentis-les à la voix si besoin, en comptant mentalement deux secondes avant chaque réplique.
  • Vérifie l’accord corps-voix : une émotion dite sur un ton monocorde avec un corps immobile sonne faux. Encourage les joueurs à exagérer légèrement au début pour que le ressenti devienne organique.
  • Élargis le vocabulaire émotionnel : les débutants reviennent toujours vers « content » ou « triste ». Prévois en amont une liste d’émotions (jalousie, soulagement, fierté, honte…) à afficher ou à rappeler oralement.
  • Débriefe sur l’impact, pas sur l’histoire : à la fin, demande aux joueurs ce qu’ils ont ressenti physiquement, pas ce qui s’est passé dans la scène. C’est là que se loge l’apprentissage.
  • Commence par des prémisses neutres : une amorce trop chargée émotionnellement dès le départ empêche les joueurs de construire une progression. Privilégie une situation simple et laisse l’émotion monter au fil des répliques.

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