Exercice  ·  Émotions

Le taxi des émotions

Un exercice d'impro sur la contagion émotionnelle : le Taxi des Émotions, fiche complète avec règles, conseils et variantes.

Type Exercice
Public Tous publics
Niveau Tous niveaux
Format Duo, Petit groupe (3–8), Groupe (8–15)
Durée 10–20 min
Parole Avec parole
Énergie Dynamique

Déroulé de l'exercice

📋 Comment le mener

Installe quatre ou cinq chaises au centre du plateau pour figurer l’habitacle d’un taxi : une à l’avant pour le chauffeur, les autres à l’arrière pour les passagers. Un joueur prend le volant, les autres attendent en coulisse, prêts à monter un par un avec une émotion précise en tête.

Le chauffeur démarre seul. Il installe sa conduite : volant, rétroviseurs, clignotants, un vrai rapport au véhicule. Puis le premier passager monte, porté par une émotion forte et lisible – l’euphorie, par exemple. Dès qu’il franchit la portière, le chauffeur bascule avec lui : les deux jouent la scène ensemble dans cet état, sans transition ni négociation. Le taxi s’arrête un peu plus loin pour un deuxième passager, qui apporte une émotion différente – la paranoïa, la séduction, la terreur. À l’instant où il monte, tout le monde dans le taxi change avec lui. Le processus se répète jusqu’à ce que le véhicule soit plein : à ce moment-là, l’énergie collective est à son maximum.

Le chauffeur trouve alors une raison de déposer ses passagers, un par un, dans l’ordre inverse de leur montée. À chaque descente, le groupe retombe immédiatement dans l’émotion du passager précédent, jusqu’à ce que le chauffeur se retrouve seul, comme au départ — mais transformé par le trajet.

La règle d’or : chacun doit suivre l’émotion qui arrive dans l’anticiper.

Adaptations

🔀 Variantes & Adaptations

Variante 1 — Chacun son émotion. Au lieu de la contagion, chaque passager garde son émotion jusqu’à la fin du trajet. Le taxi devient une cocotte-minute où cohabitent des états contradictoires, ce qui crée un conflit comique plus riche que l’unisson.

  • La bascule émotionnelle instantanée : le joueur apprend à lâcher son état du moment pour épouser, sans délai ni justification, l’émotion qu’apporte le nouvel arrivant.
  • L’écoute de groupe : personne ne reste en retrait. Tout le monde doit sentir le changement au même instant et embarquer avec le reste de l’équipe.
  • La physicalité de l’émotion : le corps porte l’état avant les mots. L’exercice montre qu’une émotion se joue d’abord dans la posture, le souffle et le rythme.
  • La mémoire scénique : au retour, le groupe doit se rappeler l’ordre exact des émotions traversées pour les rejouer en miroir.
  • Le lâcher-prise : impossible de intellectualiser sa réaction. Le joueur doit accepter d’être transformé par ce que l’autre apporte.
  • Donne des émotions contrastées et jouables. Évite les nuances trop fines en début d’apprentissage : commence par des états francs (joie, peur, colère, séduction) avant de proposer des émotions plus subtiles.
  • Insiste sur l’instantanéité. Le piège classique, c’est l’hésitation : le joueur réfléchit avant de changer d’état. Coache en direct : « dès que la portière s’ouvre, ton corps a déjà changé. »
  • Ne laisse pas le taxi disparaître. Une fois l’émotion installée, les joueurs oublient souvent qu’ils conduisent ou qu’ils sont passagers. Rappelle régulièrement le cadre physique de la scène.
  • Régule le volume sonore. À quatre ou cinq voix sur la même émotion, ça part vite dans le chaos. Encourage le groupe à se partager la parole plutôt qu’à parler tous en même temps.
  • Prépare le retour en amont. Demande aux joueurs en coulisse de mémoriser l’ordre des émotions dès la phase de montée : le trajet retour doit être aussi précis que l’aller.
  • Débriefe sur le lâcher-prise. Après l’exercice, demande à chacun où il a senti une résistance à changer d’état, et où le changement s’est fait sans effort.

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