Déroulé de l'exercice
📋 Comment le mener
Les joueurs travaillent en binômes, face à face ou dans l’espace de jeu. Objectif : construire une histoire cohérente à deux en supprimant tout réflexe de blocage.
- L’amorce : le joueur A lance une phrase simple qui pose une situation (« Tiens, il pleut ! »).
- Le « Oui, et… » : le joueur B démarre obligatoirement par « Oui, et… ». Le « Oui » valide ce que A a posé ; le « et » ajoute une information, une action ou un détail nouveau (« Oui, et la pluie est chaude. »).
- L’alternance : A répond à son tour par « Oui, et… » en s’appuyant sur l’apport de B, et ainsi de suite (« Oui, et la chaleur fait fondre nos vêtements. »).
- La conclusion : après une dizaine d’échanges, ou au signal de l’animateur, le binôme trouve une phrase de fin, puis les rôles s’inversent pour l’amorce.
Règle d’or : on ne refuse jamais l’idée de l’autre, on pose toujours sa propre brique sur le mur commun.
Adaptations
🔀 Variantes & Adaptations
Variante 1 — Le mode d’emploi : les joueurs construisent pas à pas les instructions d’une tâche réelle ou absurde (« Pour jouer au cricket-lapin, il faut un lapin et du ruban adhésif » → « Oui, et on enroule le lapin… »). Le cadre logique oblige à rester cohérent tout en inventant.
Objectif pédagogique
🎯 Ce que travaille cet exercice
- Acceptation : prendre la proposition du partenaire comme seule réalité de la scène, sans la juger.
- Écoute active : rebondir sur ce qui vient d’être dit, pas sur ce qu’on avait prévu.
- Initiative : apporter à chaque réplique une brique nouvelle qui fait avancer l’histoire.
- Co-construction : partager à 50/50 la responsabilité du récit.
- Lâcher-prise : laisser l’histoire partir là où personne ne l’attendait.
Conseils pratiques
💡 Nos conseils
- Commence par le « Non, parce que… » : faire vivre d’abord une scène en refus puis en « Oui, mais… » rend l’effet du « Oui, et… » immédiatement palpable pour le groupe.
- Traque le « Oui » sans « et » : approuver sans rien ajouter laisse toute la charge à l’autre. Si un joueur se contente de répéter, relance-le : « Et alors ? »
- Une brique à la fois : une réplique = une idée. Les joueurs qui empilent trois rebondissements d’un coup confisquent l’histoire.
- L’acteur dit oui, pas forcément le personnage : on accepte la réalité posée (la fiole de poison existe), mais le personnage garde le droit de refuser de la boire. Le conflit reste permis.
- Laisse dériver, puis reconnecte : l’absurde est bienvenu, mais invite les joueurs à boucler en revenant à un élément du début.
- Rappelle le droit au « Nope » : la sécurité physique et émotionnelle passe avant la règle du jeu. Une proposition qui franchit une limite peut toujours être refusée.