Déroulé de l'exercice
📋 Comment le mener
Tout le groupe est dans la salle, sans public. L’objectif est de retrouver la logique du jeu de faire-semblant de l’enfance : un univers existe dès qu’il est prononcé, et tout le monde y croit aussitôt.
- Les comédiens marchent dans l’espace à un rythme moyen, en occupant toute la salle. Posture neutre, genoux déverrouillés, regard ouvert sur les partenaires, bras disponibles.
- Sur une impulsion, n’importe quel comédien lance à voix haute et avec conviction une proposition qui commence par « On disait que… » : « On disait qu’on était des cosmonautes en apesanteur ! », « On disait qu’on travaillait tous dans une boulangerie en pleine surchauffe ! ».
- Instantanément, tout le groupe répond d’une seule voix : « Oui ! On disait ça ! ». Pas d’hésitation, pas de rire nerveux, pas de négociation.
- Sans transition, tous les comédiens basculent dans le corps, la voix et l’action de la proposition. Pendant 10 à 15 secondes, la salle devient un tableau vivant joué à fond.
- Un autre comédien lance une nouvelle proposition. Le groupe coupe net l’action en cours, répond en chœur et plonge dans le nouvel univers. La boucle continue sur un rythme soutenu.
Ce qui est dit existe : on ne juge pas la proposition, on la valide et on la joue.
Adaptations
🔀 Variantes & Adaptations
Variante 1 — Et si on…
Le comédien lance une action directe plutôt qu’un univers : « Et si on allair faire du vélo à toute vitesse ! ». Le groupe répond « Oh oui ! » et joue l’action en continu jusqu’à l’impulsion suivante. Une version plus motrice, idéale pour réveiller les corps.
Variante 2 — C’est génial !
Un comédien se place au centre, ou monte sur une chaise, et enchaîne les propositions. Le groupe y réagit d’un bloc avec un enthousiasme exagéré : « C’est génial ! », « Carrément ! », « Oh oui ! ». L’exercice entraîne à accueillir l’idée de l’autre avec joie.
Objectif pédagogique
🎯 Ce que travaille cet exercice
- Acceptation : le « Oui ! On disait ça ! » collectif valide chaque proposition sans laisser le temps de la juger ni de la négocier.
- Spontanéité : les comédiens lancent la première idée qui leur vient et court-circuitent leur censeur intérieur.
- Engagement physique : chaque univers se joue immédiatement avec tout le corps, le souffle et la voix, sans passer par la tête.
- Esprit de groupe : répondre d’une seule voix et basculer ensemble synchronise l’énergie collective.
- Lâcher-prise : l’élan du chœur rend le ridicule collectif, donc sans danger pour personne.
Conseils pratiques
💡 Nos conseils
- Ne cherchez pas l’originalité. Rappelle aux comédiens de lancer la toute première idée qui leur traverse l’esprit, même banale ou absurde. Une idée simple jouée à fond vaut mieux qu’une idée brillante qui arrive trop tard.
- D’un seul bloc. Si le chœur met deux secondes à répondre ou si certains rient au lieu d’accepter, arrête net et relance : la réponse doit être instantanée et unanime.
- Jouez avec tout le corps. Encourage le groupe à utiliser le sol, la hauteur et toute la salle plutôt que de rester debout en cercle à mimer du bout des mains.
- Laisse respirer entre deux impulsions. Quelques secondes de marche fluide entre deux univers permettent au groupe de reprendre son souffle et à l’impulsion suivante d’émerger naturellement.
- Veille à ce que tout le monde propose. Si les propositions viennent toujours des mêmes, invite ceux qui n’ont rien lancé à prendre la prochaine impulsion.