Exercice  ·  Corps & Espace

Le combat de samouraïs au ralenti

Un duel de samouraïs au ralenti où chaque comédien choisit le moment de sa mort : un jeu corporel pour lâcher le contrôle et savourer l'échec.

Type Exercice
Public Tous publics
Niveau Tous niveaux
Format Petit groupe (3–8), Groupe (8–15), Grand groupe (15+)
Durée 10–20 min
Parole Sans parole
Énergie Progressif

Déroulé de l'exercice

📋 Comment le mener

Les comédiens sont répartis librement dans la salle. La convention est posée d’emblée : les avant-bras, ou les bras tendus, sont des lames empoisonnées. Toute touche d’une lame sur le corps d’un adversaire, hors des bras, est immédiatement mortelle. Tout le jeu se déroule en ralenti extrême.

  1. Le défi : les comédiens se déplacent dans l’espace et se défient du regard. Les duels s’engagent naturellement, à deux ou à plusieurs.
  2. La parade : quand deux avant-bras se rencontrent, le coup est paré. On peut enchaîner attaques et parades, toujours au ralenti.
  3. La permission : un samouraï ne peut jamais tuer par surprise ni contre la volonté de l’autre. C’est la victime qui décide du moment de sa mort, en baissant sa garde ou en s’exposant délibérément à l’attaque d’un partenaire.
  4. La mort spectaculaire : le comédien touché exécute une mort au ralenti, théâtrale, sonore et tragique : il mime ses organes qui s’éparpillent, chuchote ses derniers mots, s’effondre lentement au sol.

On ne gagne pas un duel : on offre sa mort, et on la joue comme si elle valait un Oscar.

Adaptations

🔀 Variantes & Adaptations

Variante 1 — Le duel sous les yeux du public
Une moitié du groupe regarde, l’autre combat. Les comédiens prennent conscience de la lisibilité de leurs gestes et de la puissance d’une mort jouée pleinement face à des spectateurs.

Variante 2 — Le dernier survivant
Le jeu continue jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un samouraï, qui doit alors choisir de mourir seul, sans adversaire. Un beau moment de présence et d’engagement en solo pour clore l’exercice.

Variante 3 — La mort émotionnelle
L’animateur annonce une couleur de mort avant chaque relance : héroïque, ridicule, soulagée, furieuse. On travaille la palette émotionnelle sans rien changer à la mécanique du jeu.

  • Engagement corporel : le ralenti extrême oblige à habiter chaque geste du bout des doigts jusqu’aux appuis, sans tricher.
  • Accepter de perdre : la mort se choisit, elle devient une offre généreuse faite à la scène plutôt qu’une défaite subie.
  • Écoute du partenaire : le regard et la lenteur forcent à lire l’autre en continu, à sentir quand il s’ouvre ou se protège.
  • Présence dans l’instant : impossible de planifier le duel, on réagit à ce qui se passe maintenant, tension après tension.
  • Engagement théâtral : la mort spectaculaire autorise l’excès, le grotesque et le tragique sans peur du ridicule.
  • Fais vérifier la vitesse. Le ralenti dérape toujours vers le temps réel dès que l’enjeu monte. Arrête le groupe, montre une vitesse de référence, et reprends.
  • Repère ceux qui refusent de mourir. Les comédiens qui parent tout et ne s’ouvrent jamais révèlent souvent une peur de l’échec. Encourage-les à mourir les premiers lors d’une relance.
  • Applaudis les belles morts. Valoriser la qualité de la mort plutôt que la survie inverse les réflexes compétitifs : mourir devient l’endroit où l’on brille.
  • Sécurise les chutes. Rappelle qu’on s’effondre par étapes, genoux puis hanche puis épaule, et jamais en arrière d’un bloc.

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