Exercice  ·  Corps & Espace

Répare un problème, laisses-en un autre

Un lieu imaginaire, des comédiens qui entrent un par un : chacun répare le problème laissé par le précédent, puis en crée un nouveau.

Type Exercice
Public Tous publics
Niveau Tous niveaux
Format Petit groupe (3–8), Groupe (8–15)
Durée 10–20 min
Parole Sans parole
Énergie Progressif

Déroulé de l'exercice

📋 Comment le mener

Le groupe choisit un lieu intérieur précis : une cuisine de restaurant, un atelier, un laboratoire, un hall de clinique. Les comédiens attendent en réserve et passent un par un.

  1. Le premier comédien entre par une porte et prend contact avec l’espace.
  2. Il découvre un problème matériel et le règle : une flaque au sol qu’il essuie avec une serpillière, une fuite sous l’évier qu’il resserre à la clé à molette.
  3. Avant de sortir, il crée un nouveau problème, bien visible et distinct : la poignée de porte lui reste dans la main, un pot d’épices se renverse.
  4. Il laisse l’objet ou la trace du problème à un endroit clair, puis quitte le plateau.
  5. Le comédien suivant entre en respectant tout ce qui a été installé, règle le problème hérité, en crée un autre dans un autre coin de la pièce et sort.
  6. La chaîne continue jusqu’au dernier comédien du groupe.

L’exercice se joue en silence : ce sont les mains et le corps qui racontent la réparation.

Règle d’or : ce qui a été posé existe, ce qui a été cassé reste cassé jusqu’à ce que quelqu’un le répare.

Adaptations

🔀 Variantes & Adaptations

Variante 1 — Avec un personnage
Chaque comédien entre avec un statut ou un métier (le plongeur, la cheffe, l’inspecteur sanitaire). La façon de réparer révèle le personnage : on travaille la caractérisation par l’action.

Variante 2 — La pièce qui se dégrade
Les comédiens ne réparent plus rien : ils doivent composer avec tous les problèmes accumulés et en ajouter un. L’exercice devient un vrai défi de mémoire et de circulation dans l’espace.

  • La permanence des objets : chaque objet posé, chaque meuble installé reste à sa place. Les comédiens apprennent à tenir une carte mentale précise de la pièce.
  • La précision du mime : réparer une fuite ou balayer du poivre sans un mot oblige à des gestes clairs, avec du poids, de la résistance et une vraie matière.
  • L’acceptation des propositions : on ne nie pas ce que le partenaire a laissé derrière lui. La poignée cassée existe, il faut faire avec.
  • L’action comme moteur : le personnage n’a pas besoin d’histoire, son interaction avec le décor suffit à créer de l’intérêt et de l’enjeu.
  • Fixe le décor avant de lancer. Fais placer et nommer les éléments principaux par le groupe. Plus la base est claire, plus les oublis deviennent visibles et utiles à corriger.
  • Traque l’amnésie spatiale. Un comédien qui marche sur le seau posé juste avant ou traverse le comptoir : arrête-le doucement et demande-lui de visualiser la pièce avant de repartir.
  • Surveille la cohérence des gestes. Une porte qui s’ouvrait vers l’extérieur ne s’ouvre pas soudain vers l’intérieur. Le sens, la hauteur et la taille des objets doivent se transmettre d’un passage à l’autre.
  • Impose le silence. Dès qu’un comédien commente ce qu’il fait, il arrête de le montrer. Invite-le à laisser son corps faire le travail.
  • Dose les problèmes. Un problème réglé, un problème créé, pas plus. Une pièce qui s’effondre de partout devient illisible pour le public comme pour le comédien suivant.

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