Déroulé de l'exercice
📋 Comment le mener
Le groupe s’installe en public, un duo monte sur un plateau nu. L’animateur donne un cadre relationnel simple : deux associés qui font les comptes, un parent et son enfant, deux amis en voyage. Le déroulement :
- Les deux comédiens engagent une scène ordinaire dans ce cadre.
- Au signal de l’animateur (un clap) ou après une réplique forte, le comédien A s’interrompt et demande à son partenaire : « Ça vibre comment chez toi quand je te dis ça ? »
- Le comédien B prend un temps pour écouter ce que la phrase déclenche dans son corps ou son imaginaire, puis répond par une image, une comparaison ou une sensation physique (« c’est comme si la pièce se remplissait d’eau glacée jusqu’à mes genoux »), jamais par une explication.
- Les deux comédiens s’emparent de cette image et la jouent : elle colore l’attitude des personnages, le rythme du dialogue et l’occupation de l’espace.
- La scène reprend jusqu’au signal suivant ; les rôles de questionneur peuvent s’inverser.
Règle d’or : on ne justifie pas ce qu’on ressent, on le donne à voir — et on le joue ensemble.
Adaptations
🔀 Variantes & Adaptations
Variante 1 — Sans la question
La phrase n’est plus prononcée. Chaque comédien observe le visage de l’autre et formule intérieurement sa sensation avant chaque prise de parole. Un cran plus exigeant : l’écoute du sous-texte devient un réflexe silencieux.
Objectif pédagogique
🎯 Ce que travaille cet exercice
- Écoute du sous-texte : ce qu’une réplique provoque chez l’autre est rendu visible et devient un matériau de jeu partagé.
- Ancrage corporel : la parole naît d’une réaction physique ressentie, pas d’un calcul intellectuel.
- Imaginaire poétique : les comédiens apprennent à traduire un état intérieur en image, en comparaison ou en sensation.
- Jeu relationnel : la scène avance par les couches successives de la relation, et non par des gags ou des événements plaqués.
- Lutte contre les monologues : on cesse de parler pour soi, on s’intéresse à l’effet de sa parole sur le partenaire.
Conseils pratiques
💡 Nos conseils
- Traque la rationalisation. Si un comédien répond « ça me fait peur parce que je vais perdre de l’argent », coupe : « Pas d’explication ! Une sensation, une couleur, une image dans ton corps. »
- Exige l’incarnation de l’image. Beaucoup énoncent la métaphore puis reprennent un dialogue neutre. Relance : « Si ta poitrine est un bloc de glace, comment ton bras attrape-t-il le verre ? »
- Laisse le temps du silence. La pause avant la réponse est précieuse : c’est là que le comédien écoute vraiment. Ne la fais pas presser.
- Dose les interruptions. Deux ou trois questions par scène suffisent ; au-delà, la scène se morcelle et perd son élan.