Déroulé de l'exercice
📋 Comment le mener
Les comédiens travaillent en binôme, un comédien A et un comédien B. L’objectif est simple : faire avancer une scène sans qu’aucune idée ne soit bloquée, aussi absurde soit-elle.
- La plateforme : le duo pose un cadre simple et deux personnages (un lieu, une relation, une activité).
- Les idées farfelues : A avance une série de propositions de plus en plus surprenantes, inattendues, voire franchement irréalistes.
- La contrainte d’accueil : B n’a le droit ni de refuser, ni de négocier, ni de contredire. À chaque proposition, il hoche la tête et répond uniquement avec l’une des formules imposées : « Ah oui, tu crois vraiment ? », « Ah oui, qu’est-ce qui te fait penser ça ? », « Ah tiens, pourquoi pas ! » ou « Intéressant ! ».
- Le développement : A étaye son idée ou en lance une nouvelle, B accueille à nouveau, et la scène progresse sans jamais se bloquer.
Exemple : dans un cockpit, le pilote propose de faire un looping pour distraire les passagers. Le copilote demande s’il y croit vraiment ; le pilote justifie, puis surenchérit avec une distribution générale de boissons, puis une soirée dansante en plein vol. Le copilote, lui, se contente d’accueillir chaque idée.
Règle d’or : avant de dire non, dis « Intéressant ! » et écoute la suite.
Objectif pédagogique
🎯 Ce que travaille cet exercice
- Acceptation : ne plus fermer la porte d’emblée à une idée qui déstabilise ou qui ne plaît pas a priori.
- Curiosité : questionner la proposition du partenaire pour comprendre sa logique au lieu de la juger.
- Suspension du jugement : laisser passer un temps (un hochement de tête, un silence) avant de réagir, plutôt que de répondre par réflexe.
- Écoute du partenaire : entrer dans sa carte du monde et le laisser développer son imaginaire jusqu’au bout.
Conseils pratiques
💡 Nos conseils
- Insiste sur le hochement de tête et le silence Le petit temps de pause avant la formule fait partie de l’exercice : c’est là que le réflexe d’opposition se désamorce.
- Traque les refus déguisés Un « oui mais », un soupir, une moue ou une formule dite avec ironie restent des refus. Fais rejouer jusqu’à ce que l’accueil soit sincère.
- Encourage A à oser l’absurde Plus les idées sont illogiques ou techniquement impossibles, plus la tentation de refuser est forte, et plus l’exercice porte ses fruits.
- Fais tourner les rôles Chaque comédien doit passer par les deux postes : proposer sans retenue et accueillir sans résistance ne mobilisent pas les mêmes muscles.
- Débriefe sur le ressenti Demande à B ce qui lui a donné envie de dire non, et à A ce que ça fait d’être accueilli sans condition. C’est souvent là que le groupe prend conscience de ses automatismes.