Exercice  ·  Corps & Espace

Je dis ce que je fais !

Un exercice solo de présence totale : le joueur ne parle que s'il bouge, et ne bouge que s'il parle — chaque action est nommée au moment où elle se produit.

Type Exercice
Public Tous publics
Niveau Tous niveaux
Format Solo
Durée < 10 min
Parole Avec parole
Énergie Progressif

Déroulé de l'exercice

📋 Comment le mener

Le joueur évolue seul dans la salle, à son rythme. La consigne est radicale dans sa simplicité : il dit à voix haute chaque action qu’il accomplit, au moment précis où il l’accomplit. « Je lève le bras… Je tourne la tête… Je pose le pied… Je m’arrêêête… »

La règle structure tout : on ne parle que si l’on bouge, on ne bouge que si l’on parle. Dès que le joueur se tait, il s’immobilise. Dès qu’il s’immobilise, il se tait. Le silence et l’immobilité vont toujours de pair.

Le joueur peut varier le ton, étirer les syllabes, se répéter, ralentir ou accélérer — tant que la synchronisation tient. Il n’y a pas de performance à réaliser, pas d’histoire à raconter. Juste : je fais, je dis.

La règle d’or : le corps commande, la voix suit — jamais l’inverse.

Adaptations

🔀 Variantes & Adaptations

Variante 1 — À deux, en miroir Deux joueurs face à face. L’un bouge et nomme ses actions, l’autre reproduit exactement les mêmes mouvements en les nommant aussi. On travaille en plus l’écoute de l’autre et la synchronisation à deux — une belle passerelle vers les exercices de miroir.

Variante 2 — Le ralenti commenté Le joueur effectue toutes ses actions au ralenti extrême, en étirant les mots à l’identique. « Je sooooulève leeentement la maiiiin… » Le ralenti force une précision corporelle inhabituellement fine et amplifie la conscience du mouvement. Idéal pour les groupes qui expédient l’exercice sans s’y plonger vraiment.

  • Présence au moment présent — En ancrant la parole dans l’action immédiate, le joueur ne peut pas anticiper ni ruminer : il est obligé d’être , maintenant.
  • Synchronisation corps-voix — L’exercice oblige à aligner le geste et le mot en temps réel, ce qui développe une conscience fine du corps en mouvement.
  • Écoute interne — Le joueur doit observer ce qu’il fait pour pouvoir le nommer : un entraînement discret mais puissant à l’auto-perception.
  • Ancrage dans l’impro au présent — En nommant uniquement ce qui se passe maintenant, le joueur intègre corporellement que l’improvisation se construit dans l’instant, pas dans la projection ou le souvenir.
  • Recentrage et disponibilité — C’est un excellent outil de reset : il calme le mental agité et ramène chacun à une présence simple, physique, concrète.
  • Ne sous-estime pas cet exercice — Il peut sembler enfantin au premier regard. Laisse le groupe le vivre quelques minutes avant de le juger : la plupart des joueurs découvrent rapidement à quel point rester vraiment présent est exigeant.
  • Insiste sur la simultanéité — L’erreur la plus fréquente est d’annoncer l’action avant de la faire, ou de la commenter après. Rappelle : le mot et le geste naissent ensemble, ni avant, ni après.
  • Autorise les micros-actions — Certains joueurs paniquent et cherchent de grandes actions. Encourage-les à nommer l’infime : « Je respire… Je cligne des yeux… Je contracte l’épaule… » C’est souvent là que l’exercice devient le plus riche.
  • Débrieffe sur l’effet intérieur — Après l’exercice, demande simplement : « Comment tu te sens là, maintenant ? » Beaucoup rapportent un apaisement, une clarté. C’est le bon moment pour parler de la présence comme outil de jeu.
  • Utilise-le comme rituel de recentrage — Cet exercice fonctionne particulièrement bien en début de séance avec un groupe dispersé ou en milieu de session après un exercice qui a trop chauffé les esprits.

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