Déroulé de l'exercice
📋 Comment le mener
Installe quatre ou cinq chaises au centre du plateau pour figurer l’habitacle d’un taxi : une à l’avant pour le chauffeur, les autres à l’arrière pour les passagers. Un joueur prend le volant, les autres attendent en coulisse, prêts à monter un par un avec une émotion précise en tête.
Le chauffeur démarre seul. Il installe sa conduite : volant, rétroviseurs, clignotants, un vrai rapport au véhicule. Puis le premier passager monte, porté par une émotion forte et lisible – l’euphorie, par exemple. Dès qu’il franchit la portière, le chauffeur bascule avec lui : les deux jouent la scène ensemble dans cet état, sans transition ni négociation. Le taxi s’arrête un peu plus loin pour un deuxième passager, qui apporte une émotion différente – la paranoïa, la séduction, la terreur. À l’instant où il monte, tout le monde dans le taxi change avec lui. Le processus se répète jusqu’à ce que le véhicule soit plein : à ce moment-là, l’énergie collective est à son maximum.
Le chauffeur trouve alors une raison de déposer ses passagers, un par un, dans l’ordre inverse de leur montée. À chaque descente, le groupe retombe immédiatement dans l’émotion du passager précédent, jusqu’à ce que le chauffeur se retrouve seul, comme au départ — mais transformé par le trajet.
La règle d’or : chacun doit suivre l’émotion qui arrive dans l’anticiper.
Adaptations
🔀 Variantes & Adaptations
Variante 1 — Chacun son émotion. Au lieu de la contagion, chaque passager garde son émotion jusqu’à la fin du trajet. Le taxi devient une cocotte-minute où cohabitent des états contradictoires, ce qui crée un conflit comique plus riche que l’unisson.
Objectif pédagogique
🎯 Ce que travaille cet exercice
- La bascule émotionnelle instantanée : le joueur apprend à lâcher son état du moment pour épouser, sans délai ni justification, l’émotion qu’apporte le nouvel arrivant.
- L’écoute de groupe : personne ne reste en retrait. Tout le monde doit sentir le changement au même instant et embarquer avec le reste de l’équipe.
- La physicalité de l’émotion : le corps porte l’état avant les mots. L’exercice montre qu’une émotion se joue d’abord dans la posture, le souffle et le rythme.
- La mémoire scénique : au retour, le groupe doit se rappeler l’ordre exact des émotions traversées pour les rejouer en miroir.
- Le lâcher-prise : impossible de intellectualiser sa réaction. Le joueur doit accepter d’être transformé par ce que l’autre apporte.
Conseils pratiques
💡 Nos conseils
- Donne des émotions contrastées et jouables. Évite les nuances trop fines en début d’apprentissage : commence par des états francs (joie, peur, colère, séduction) avant de proposer des émotions plus subtiles.
- Insiste sur l’instantanéité. Le piège classique, c’est l’hésitation : le joueur réfléchit avant de changer d’état. Coache en direct : « dès que la portière s’ouvre, ton corps a déjà changé. »
- Ne laisse pas le taxi disparaître. Une fois l’émotion installée, les joueurs oublient souvent qu’ils conduisent ou qu’ils sont passagers. Rappelle régulièrement le cadre physique de la scène.
- Régule le volume sonore. À quatre ou cinq voix sur la même émotion, ça part vite dans le chaos. Encourage le groupe à se partager la parole plutôt qu’à parler tous en même temps.
- Prépare le retour en amont. Demande aux joueurs en coulisse de mémoriser l’ordre des émotions dès la phase de montée : le trajet retour doit être aussi précis que l’aller.
- Débriefe sur le lâcher-prise. Après l’exercice, demande à chacun où il a senti une résistance à changer d’état, et où le changement s’est fait sans effort.