Exercice  ·  Confiance & Cohésion

Rends-moi mon fils !

En duo, les yeux dans les yeux, un joueur hurle une réplique de tragédie et l'autre doit répondre au même niveau sans jamais sourire.

Type Exercice
Public Ados, Adultes
Niveau Tous niveaux
Format Petit groupe (3–8), Groupe (8–15), Grand groupe (15+)
Durée 10–20 min
Parole Avec parole
Énergie Très énergique

Déroulé de l'exercice

📋 Comment le mener

Le plateau est vide. Deux joueurs se placent debout au centre, face à face, à trente ou cinquante centimètres l’un de l’autre. Le reste du groupe observe depuis la backline. L’objectif est simple à énoncer et difficile à tenir : jouer un affrontement dramatique à pleine intensité sans jamais craquer.

Le déroulement se fait en quatre temps.

  1. L’ancrage. Les deux joueurs plantent leurs pieds dans le sol, adoptent une posture stable et verrouillent leurs regards. Laisse le silence s’installer quelques secondes pour faire monter la tension.
  2. La charge. Sans prévenir, le joueur A saisit fermement le joueur B par les épaules et lui hurle au visage : « Rends-moi mon fils ! ». La consigne est claire : pas de parodie de Mel Gibson dans La Rançon, mais une colère noire, un désespoir, comme si sa propre chair était en jeu.
  3. Le rebond. Le joueur B reçoit la charge de plein fouet. Interdiction absolue de sourire ou de ricaner. Il répond aussitôt au même niveau d’intensité, dans un rôle cohérent avec la proposition : le ravisseur cynique, le complice terrifié, le policier impuissant. Par exemple : « C’est trop tard, Robert ! Tu n’aurais jamais dû appeler le FBI… »
  4. L’élimination. La joute se poursuit sur trois ou quatre répliques chacun. Dès qu’un joueur sourit, rit, détourne le regard ou relâche son énergie, tu siffles la fin du duel. Le fautif rejoint la backline, un nouveau joueur s’élance instantanément pour défier le survivant.

Règle d’or : le premier qui sourit a perdu, le premier qui triche avec son regard aussi.

  • Contact visuel — Les deux joueurs se plantent à cinquante centimètres l’un de l’autre et ne se lâchent plus du regard. Le premier qui détourne les yeux a perdu : impossible de se cacher.
  • Engagement émotionnel à froid — Pas de montée progressive : le joueur doit atteindre l’intensité maximale dès la première réplique, sans échauffement dramatique préalable.
  • Résistance au décrochage — Le rire nerveux, le rictus, le clin d’œil complice au public : tous ces réflexes de protection sont interdits. Le joueur apprend à rester dans la scène quand la tension monte.
  • Réception — Le joueur qui reçoit la charge doit l’absorber pleinement, sans se dérober ni physiquement ni verbalement, avant de la renvoyer.
  • Réactivité — La réponse doit fuser immédiatement, dans un rôle cohérent avec la proposition. Pas le temps de chercher la bonne réplique : on rebondit sur l’impact.
  • Surveille le volume. Hurler n’est pas jouer. Si un joueur fuit dans les décibels, demande-lui de baisser le son de moitié et de doubler le poids : une menace murmurée entre les dents est souvent plus terrifiante qu’un cri.
  • Cadre la saisie physique dès le départ. La prise par les épaules doit être ferme, jamais douloureuse. Fais une démonstration avant de lancer l’exercice et rappelle que c’est une tension théâtrale, pas une bagarre. Autorise aussi la version sans contact pour les joueurs qui le souhaitent.
  • Coupe court au sourire d’excuse. Le sourire nerveux surgit souvent dès la saisie : c’est un réflexe social pour désamorcer l’intimité du regard. Lance en side-coaching : « Ne t’excuse pas avec tes lèvres, reçois la colère dans ta poitrine, respire avec lui. »
  • Interdis la préparation intellectuelle. Si le répondant cherche ses mots, il est déjà sorti de la scène. Insiste pour qu’il sorte la première phrase qui lui vient du ventre, même maladroite. La sincérité prime sur l’écriture.

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