Quand on parle d’improvisation théâtrale, la plupart des gens pensent au match d’impro. Logique : c’est le format le plus connu. Mais réduire l’impro au match, c’est comme réduire la musique au rock. Il existe des dizaines de formats de spectacle d’improvisation : pièces réalistes de 90 minutes, contes pour enfants, spectacles engagés, œuvres en langue des signes… Dans ce guide, on passe en revue tous ces formats d’impro, regroupés par grandes familles.
SPOILER : tu retrouveras ici quelques exemples formats les plus marquants… mais ils en existent de nombreux d’autres. Et il s’en créé de nombreux chaque année…
L’Arène Sportive | Les formats compétitifs
Ici, l’impro se joue comme un sport. Compétition, joutes, arbitres et cartons de vote : ces spectacles misent sur l’énergie, la tension et la ferveur du public. Voici les concepts à connaître avant de pousser la porte d’une salle.
Le Match d’Improvisation Théâtrale | Quand le théâtre entre sur la patinoire
Le Match d’Improvisation Théâtrale
Quand le théâtre entre sur la patinoire2 à 3 périodes
Tu veux comprendre d’où vient un grande partie de l’impro moderne ? Tout part d’ici. Le Match d’improvisation est un spectacle hybride qui mêle les règles du hockey sur glace à la création théâtrale spontanée.
Deux équipes s’affrontent dans une fausse patinoire délimitée par une bande de bois (aussi bande d’improvisation au Canada). Le spectacle est mené par un Maître de cérémonie, un DJ (ou un musicien) et un arbitre en chemise rayée qui siffle les pénalités et lit les fiches de thèmes : titre, nombre d’acteurs, durée (de 30 secondes à 20 minutes) et catégorie imposée. Après chaque impro, tu votes avec un carton bicolore pour ton équipe préférée. Mécontent d’une décision ? Le public a le droit de lancer des caoutchoucs ou chaussons sur la glace.
Le carton de vote et les chaussons, qui font du public un juge à part entière.
Le Catch Impro | Deux duos, un ring, tous les coups permis
Le Catch Impro
Deux duos, un ring, tous les coups permisreprises rapides
Le Catch Impro est né d’une contrainte bien concrète : s’affranchir des droits d’auteur très stricts déposés par la LNI sur le format Match. Résultat, un show plus direct et plus libre.
Deux duos de jouteurs s’affrontent sur un ring sous la houlette d’un arbitre tout-puissant. Avec seulement quatre joueurs au lieu de douze, fini les temps morts : le caucus (le temps de conciliabule) est réduit au minimum. Autre différence majeure, les fautes n’existent pas : « tous les coups sont permis », ce qui offre une immense liberté de jeu. L’arbitre impose des défis et des catégories rapides, appelées reprises, qui s’enchaînent pendant environ une heure.
L’absence totale de fautes, qui libère complètement le jeu.
Le Punch Club | La « street impro » qui mise tout sur la répartie
Le Punch Club
La « street impro » qui mise tout sur la répartiearbitrage épuré
Oublie l’arbitre, la patinoire et le décorum sportif. Le Punch Club est un affrontement théâtral épuré à l’extrême, inspiré de l’esthétique et des duels verbaux du monde hip-hop.
Les règles et l’arbitrage sont réduits au strict minimum pour laisser place à une liberté de création absolue. Sur un espace scénique nu, des improvisateurs d’un niveau d’élite s’affrontent en misant tout sur l’impact verbal direct, un rythme de jeu très serré et l’intelligence de la répartie spontanée. C’est de l’impro à l’os, rapide et tranchante.
La scène nue et le duel verbal, hérités de la culture hip-hop.
Le Theatresports™ | Le tournoi de sport théâtral
Le Theatresports™
Le tournoi de sport théâtralSigné Keith Johnstone, l’un des grands théoriciens de l’impro, le Theatresports™ structure la soirée comme un véritable tournoi sportif.
Plusieurs équipes s’opposent lors de joutes basées sur des défis physiques et des contraintes de scène. Un panel de juges (ou le public lui-même) attribue des notes directes aux prestations. Mais derrière le jeu se cache une intention précise : Johnstone a conçu ce format pour désinhiber le comédien. La pression de la compétition sert à court-circuiter le mental rationnel et à forcer l’acteur à prendre des risques immédiats, sans réfléchir.
La compétition utilisée comme outil pour libérer la spontanéité.
Le Micetro Impro® (ou Maestro) | Il n’en restera qu’un
Le Micetro Impro® (ou Maestro)
Il n’en restera qu’unAvec le Micetro Impro® (aussi appelé Maestro), la compétition devient individuelle. Le principe : réunir un très grand nombre d’improvisateurs de niveaux variés dans une seule soirée à élimination directe.
Un groupe de 10 à 20 acteurs est piloté par deux directeurs installés sur le côté de la scène. Ces derniers distribuent les rôles et lancent des scènes à la volée en variant les genres. Après chaque impro, tu attribues une note de 1 à 5 aux comédiens présents. Les scores sont consignés, et les joueurs les moins bien notés sont éliminés à chaque manche. Le spectacle se poursuit jusqu’à la scène finale, où l’unique survivant est couronné Maestro de la soirée.
L’élimination progressive jusqu’au dernier improvisateur en lice.
Le Gorilla Theatre™ | Le metteur en scène au centre du jeu
Le Gorilla Theatre™
Le metteur en scène au centre du jeuDernier né de la trilogie de Keith Johnstone, le Gorilla Theatre™ met en scène la relation de pouvoir entre les acteurs et l’acte de mise en scène lui-même.
Chaque improvisateur devient, à tour de rôle, le réalisateur de la troupe. Il dirige ses partenaires dans l’improvisation de son choix, selon ses propres directives. Une fois la scène terminée, il sollicite l’approbation du public. Si tu juges la mise en scène réussie, le réalisateur reçoit un gorille en peluche géant. Sinon, il subit des gages ou des punitions loufoques. Un format qui transforme la direction d’acteurs en jeu de récompense.
Le gorille en peluche géant, trophée absurde d’une bonne mise en scène.
Le Cabaret | Les formats courts et segmentés
Change complètement d’ambiance. Ici, pas de compétition ni de notes : le spectacle short form avance par une succession fluide de scènes, liées par une suggestion, un dispositif ou un simple canapé. On y cherche l’intimité, la convivialité et le plaisir du rythme. Voici les formats à découvrir.
L’Armando (Armando Diaz Experience) | L’histoire vraie qui nourrit la fiction
L’Armando (Armando Diaz Experience)
L’histoire vraie qui nourrit la fictionL’Armando repose sur une idée simple et puissante : faire alterner de vrais monologues personnels et des scènes de fiction inspirées de ces récits.
Tout commence par une unique suggestion du public. Un monologuiste invité (ou un acteur de la troupe) s’avance seul en scène pour livrer une anecdote totalement authentique, vécue et personnelle, née de ce mot. Les improvisateurs s’emparent alors des émotions, des thèmes ou des détails factuels de cette histoire pour improviser une série de scènes libres et interconnectées. Au fil de la soirée, le monologuiste revient périodiquement « ravitailler » le spectacle avec de nouveaux récits vécus, qui relancent à chaque fois de nouvelles vagues d’impro.
Le monologue authentique comme carburant permanent de la fiction.
L’Asssscat | Le format-phare de l’UCB
L’Asssscat
Le format-phare de l’UCBC’est le spectacle qui a fait connaître l’Upright Citizens Brigade. L’Asssscat reprend le principe du monologue de l’Armando, mais dans une structure de cabaret ultra-simplifiée, pensée pour intégrer des comédiens invités à la volée.
Un groupe de six à neuf improvisateurs prend un mot du public. Un invité (souvent une célébrité ou un artiste renommé) s’installe au centre et improvise un monologue sincère basé sur ce mot. Le reste du spectacle est un montage ininterrompu de scènes rapides, coupées en sweep edit : un joueur traverse simplement la scène pour clore une scène et en lancer une autre. Les comédiens déconstruisent ainsi l’anecdote de l’invité, sous tous les angles.
Le sweep edit et la place de choix laissée aux invités prestigieux.
Le spectacle de « Défis d’Impro » (style Whose Line) | Le cabaret de tous les jeux
Les « Défis d’Impro » (style Whose Line)
Le cabaret de tous les jeuxTu connais sûrement ce format sans le savoir : c’est celui de Whose Line Is It Anyway?, émulé partout dans le monde par de petites troupes. Idéal pour un café-théâtre ou un bar, il réunit 2 à 6 comédiens dans une atmosphère détendue.
Assis à l’arrière-scène sur des tabourets, en costumes neutres, les acteurs attendent leur tour. Un animateur sollicite directement le public pour obtenir des contraintes, des objets ou des thèmes insolites. Il lance ensuite les comédiens dans une suite de défis courts et prédéterminés : impros chantées, parodies littéraires, changements de style en direct… Ici, on ne compte aucun point réel : le seul but est le divertissement rythmé.
L’enchaînement de mini-défis variés, sans enjeu de score.
Le Living Room Format | L’impro comme une soirée entre amis
Le Living Room Format
L’impro comme une soirée entre amisCréé par le groupe légendaire The Family à l’iO, le Living Room Format reproduit sur scène l’atmosphère d’une soirée entre amis dans un salon.
La scène est meublée avec du vrai mobilier de salon : canapés, fauteuils, chaises, parfois des boissons. Les comédiens s’installent et se mettent à discuter de manière tout à fait naturelle, comme chez eux. Dès qu’une idée, une phrase ou une émotion forte surgit de leur conversation réelle, ils se lèvent pour improviser une scène de fiction juste devant les canapés. La scène jouée, ils se rassoient simplement et reprennent le fil de leur discussion, désormais nourrie de ce qui vient d’être improvisé.
Le vrai canapé, frontière physique entre la conversation réelle et la fiction.
La Ronde | La chaîne des personnages
La Ronde
La chaîne des personnagesAdapté pour la scène d’après un exercice de Del Close, lui-même inspiré de la pièce La Ronde d’Arthur Schnitzler, ce format montre comment les individus d’une même communauté sont tous reliés entre eux.
Une troupe d’environ huit comédiens entre en jeu. Deux d’entre eux (personnages A et B) démarrent une scène réaliste de deux minutes. Un troisième (C) entre et taggue le joueur A pour le faire sortir. B reste en scène, garde rigoureusement son personnage, mais entame une nouvelle situation avec C. Puis D taggue B pour jouer avec C, et ainsi de suite… jusqu’à ce que le dernier joueur vienne tagguer l’avant-dernier pour rejouer avec le personnage A. La boucle relationnelle est alors bouclée à la perfection.
La chaîne de duos qui se referme sur elle-même comme un cercle.
Le Zapping / Videoway | La télécommande en main
Le Zapping / Videoway
La télécommande en mainLe Zapping (ou Videoway) transpose la télévision et le zapping en direct sur un plateau de théâtre.
Les improvisateurs se répartissent en duos ou trios, chacun incarnant une chaîne de télévision thématique : télé-achat, reportage animalier, chaîne météo, film policier… Un animateur ou un spectateur muni d’une fausse télécommande « zappe » d’une chaîne à l’autre. Les comédiens de la chaîne appelée s’activent instantanément pour lancer ou poursuivre leur émission sur le thème imposé, pendant que les autres se figent exactement là où ils en étaient, en attendant d’être rappelés.
La télécommande qui gèle et réveille les scènes à volonté.
Le Grand Théâtre | Les formats longs et pièces improvisées
Change de rythme. Ici, on ne cherche plus la punchline rapide, mais la belle histoire. Ces spectacles de 30 à 90 minutes visent une œuvre théâtrale continue et unifiée : une exploration de thèmes ou une véritable intrigue construite en plusieurs actes. Bienvenue chez les amoureux de la profondeur.
Le Harold | Le monument du long-form
Le Harold
Le monument du long-formLe Harold est tout simplement le format de long-form le plus célèbre au monde. Conçu par la troupe The Committee sous la direction de Del Close, puis théorisé par Charna Halpern à l’iO Chicago, il refuse la narration linéaire pour privilégier l’exploration thématique d’une suggestion unique du public.
Sa structure classique en 3×3 :
- L’ouverture : un moment abstrait (mouvements, rituels, monologues) qui extrait des associations d’idées de la suggestion.
- Premier beat : trois scènes à deux personnages, totalement indépendantes (1A, 1B, 1C).
- Premier jeu de groupe : une parenthèse collective et ludique.
- Deuxième beat : reprise et approfondissement des trois scènes (2A, 2B, 2C), via sauts temporels ou nouveaux personnages.
- Deuxième jeu de groupe : nouvelle rupture ludique.
- Troisième beat (la convergence) : les trois histoires se télescopent et s’assemblent de façon surprenante.
La convergence finale, où trois récits épars se rejoignent comme par magie.
Le Spoke | Le Harold repensé comme une roue
Le Spoke
Le Harold repensé comme une roueTu connais le Harold ? Alors imagine une version plus libre, construite comme une roue. C’est le Spoke, né chez la compagnie Brave New Workshop à partir d’une lecture « incomplète » du Harold, après observation de troupes de Chicago et San Francisco.
Tout tourne autour d’une image simple. Le Hub (le moyeu de la roue) est une scène de base, courte et simple, jouée puis rejouée deux à trois fois au début pour bien la mémoriser. Les Spokes (les rayons) sont toutes les scènes qui en découlent : chacune vient répondre à une question ouverte soulevée par le Hub. Le spectacle alterne ainsi scène de base et scène rayon, avec les mêmes personnages au centre, et doit toujours se terminer par la scène de base.
Contrairement au Harold, le format long-form Spoke abandonne les jeux de groupe et la structure en actes, au profit d’une forme plus radiale et intuitive.
La scène-moyeu rejouée en boucle, d’où rayonnent toutes les autres scènes.
Le Monoscene | Une seule scène, en temps réel
Le Monoscene
Une seule scène, en temps réelLe Monoscene est une pièce improvisée qui respecte scrupuleusement la règle classique des trois unités : unité de lieu, de temps et d’action.
À partir d’une suggestion du public, les comédiens lancent une scène qui se déroule en temps réel, dans un lieu unique (par exemple la cuisine d’un restaurant de nuit) et sans aucune coupe : pas d’ellipse, pas de montage, aucun édit visuel. Les personnages entrent et sortent de façon totalement organique, exactement comme dans une pièce de théâtre écrite. C’est un exercice d’endurance et de patience, où la tension monte d’elle-même.
L’absence totale d’édit, une seule scène tenue d’un bout à l’autre.
La Déconstruction | Une scène passée au microscope
La Déconstruction
Une scène passée au microscopePopularisée en 1993 à Chicago par la troupe Frank Booth (Kevin Mullaney) lors du spectacle Three Mad Rituals, la Déconstruction s’ouvre sur une longue scène réaliste, avant de la fragmenter et de l’analyser.
Tout démarre par une scène hyperréaliste, intime et lente, d’environ 8 à 10 minutes, entre deux personnages. Ensuite, tout le reste de la pièce consiste à « déconstruire » cette scène d’origine. Les autres comédiens s’emparent des secrets évoqués, des non-dits psychologiques ou des fantasmes des personnages pour jouer des flash-backs, des scènes parallèles ou des commentaires métathéâtraux inspirés de cette relation initiale.
La scène-mère disséquée sous tous ses angles cachés.
La Pièce de Théâtre Improvisée | Le théâtre en vrai, sans texte
La Pièce de Théâtre Improvisée
Le théâtre en vrai, sans texteInspirée de la démarche du cinéaste Mike Leigh et popularisée par le duo culte TJ & Dave, cette pièce improvisée crée de toutes pièces un vrai spectacle réaliste, en un ou deux actes, sans canevas préétabli.
L’obsession, ici, c’est la vérité relationnelle et le développement psychologique des personnages. Les acteurs s’appuient sur des genres théâtraux précis (un drame à la Tchekhov, une comédie de boulevard, une tragédie élisabéthaine) pour structurer esthétiquement leur pièce. Le spectacle se déploie lentement, façon slow comedy : on laisse les silences s’installer, on privilégie la profondeur des émotions plutôt que les blagues rapides du short form.
La slow comedy, où la vérité des personnages prime sur le rire immédiat.
Le Film Improvisé (The Movie) | Le cinéma joué en direct
Le Film Improvisé (The Movie)
Le cinéma joué en directLe Film Improvisé recrée toute l’esthétique et la grammaire visuelle du cinéma directement sur scène.
Six à neuf improvisateurs créent un film complet d’environ 30 minutes dans un genre précis : film noir, science-fiction, western, horreur… Pour éditer leurs scènes, les acteurs emploient à voix haute un véritable langage de montage. Un joueur en retrait crie « Zoom arrière rapide sur son visage », « Caméra subjective » ou « Voix-off du narrateur », et l’effet est matérialisé instantanément par le placement des corps sur scène. Le public « voit » ainsi les plans de cinéma se dessiner sans écran.
Les didascalies de caméra lancées à voix haute, qui simulent le montage.
Sybil (l’impro-solo) | Un acteur, toute une pièce
Sybil (l’impro-solo)
Un acteur, toute une pièceDéveloppé accidentellement par Andy Eninger en 1997 à Chicago, à partir du Solo Harold de Del Close, Sybil est un tour de force : un unique improvisateur monte sur scène pour jouer, seul, une pièce longue complète de 30 à 45 minutes.
L’acteur incarne à lui seul une multitude de personnages au sein d’une même histoire. Il s’appuie sur une physicalité extrêmement marquée, des voix distinctes et des postures précises pour que le public identifie instantanément qui prend la parole dans un dialogue qu’il mène… face à lui-même.
Un comédien seul qui fait vivre toute une distribution de personnages.
La Pièce à Canevas (Scenario Play) | L’ancêtre du long-form
La Pièce à Canevas (Scenario Play)
L’ancêtre du long-formLa Pièce à Canevas est un ancêtre historique du long-form moderne, à la frontière entre le texte écrit et l’improvisation pure. On la doit à Elaine May et Roger Bowens, pour les Compass Players de Chicago, dans les années 1950.
Les acteurs s’appuient sur un synopsis très succinct rédigé avant le spectacle (un vrai canevas de commedia dell’arte moderne, qui fixe l’ordre des entrées, la situation générale et les secrets des personnages. Mais tout le reste (les répliques, les actions physiques, le rythme de jeu) est improvisé en direct face au public.
Le canevas écrit à l’avance, sur lequel tout le dialogue reste improvisé.
Sheila’s Instant Odyssey | Le voyage du héros improvisé
Sheila’s Instant Odyssey
Le voyage du héros improviséDéveloppé par le groupe Sheila de l’Université de Chicago, Sheila’s Instant Odyssey (l’Odyssée de Sheila) est une pièce improvisée complète en deux actes, bâtie scientifiquement autour du « Voyage du Héros » de Joseph Campbell.
Les comédiens s’appuient sur les 12 étapes de cette structure mythologique (telle que théorisée par Christopher Vogler). Les suggestions récoltées auprès du public en début de représentation sont « injectées » dans ce modèle d’intrigue, qui sert de canevas de référence pour faire progresser l’aventure sur environ une heure trente.
Les 12 étapes du voyage du héros comme colonne vertébrale du récit.
Triple Play | Trois pièces entrelacées
Triple Play
Trois pièces entrelacéesConçu par la compagnie Unexpected Productions à Seattle, Triple Play entrelace trois pièces de théâtre de genres différents en un seul spectacle.
La troupe improvise trois pièces totalement indépendantes. Par exemple un western, une tragédie shakespearienne et un drame réaliste contemporain. Le spectacle présente d’abord l’acte I de la première pièce, puis l’acte I de la deuxième, puis celui de la troisième. Après l’entracte, tu découvres l’acte II de chacune, puis l’acte III : un véritable effet de zapping théâtral, mais étalé sur toute la durée du spectacle.
Trois intrigues menées de front, acte par acte, jusqu’au dénouement.
DreamDate | La comédie romantique improvisée
DreamDate
La comédie romantique improviséeCréé par la compagnie britannique The Spontaneity Shop, DreamDate recrée fidèlement les codes et l’arche d’une comédie romantique de cinéma.
Le spectacle suit un canevas de genre très précis : présentation séparée des deux protagonistes célibataires, rencontre fortuite, apparition d’un obstacle ou d’un quiproquo, puis, obligatoirement, le baiser amoureux final. Entre les scènes de fiction, les comédiens consultent directement des spectateurs volontaires, ou jouent de courts défis d’improvisation pour guider les choix et le destin des amants.
L’arche imposée de la comédie romantique, jusqu’au baiser final garanti.
The Bat (la Chauve-Souris) | Le théâtre dans le noir absolu
The Bat (la Chauve-Souris)
Le théâtre dans le noir absoluCréé à Chicago par l’équipe Georgia Pacific, The Bat est une pièce improvisée d’environ 30 minutes jouée dans le noir absolu.
La salle et le plateau sont plongés dans l’obscurité totale. Privés de tout repère visuel, les comédiens créent un spectacle proche de la pièce radiophonique en direct. Ils misent tout sur la voix, les bruitages à la bouche, les sifflements et la création collective d’ambiances sonores. Résultat : l’imagination sensorielle du spectateur est puissamment stimulée, chacun se projetant son propre film mental.
Le noir total, qui transforme l’impro en cinéma pour les oreilles.
Close Quarters (Huis Clos) | Une microsociété en scène
Close Quarters (Huis Clos)
Une microsociété en scèneCréé à Chicago par Peter Gwinn et dirigé par Noah Gregoropoulos, Close Quarters est un long-form choral qui explore la vie intime de personnages évoluant au sein d’une même communauté fermée : un hôpital, une école, un camp militaire…
Contrairement au Harold, qui cherche des scènes très disparates, Close Quarters établit dès le départ un « cordon ombilical » qui relie tous les personnages au même lieu ou univers physique. Les scènes s’enchaînent pour révéler les connexions invisibles entre les membres de cette microsociété.
Le lieu unique qui relie secrètement tous les personnages entre eux.
Postmortem | La vie d’un défunt, improvisée
Postmortem
La vie d’un défunt, improviséeCréé à Chicago en 2001 par la troupe WNEP, Postmortem est une pièce réaliste et touchante inspirée de la vie d’un défunt réel.
Le spectacle commence par la sélection d’une vraie notice nécrologique, extraite du journal du jour. À partir des seuls faits réels (dates, caractéristiques sommaires trouvées dans l’hommage funèbre), les comédiens improvisent l’histoire entière de la vie de cette personne : ses relations familiales, ses rêves, son époque. Un format qui rend hommage à un inconnu en lui inventant, avec tendresse, une existence complète.
Une vie entière reconstituée à partir d’un simple avis de décès.
A Dodgy Plan (Un Plan Foireux) | La comédie policière du crime à cacher
A Dodgy Plan (Un Plan Foireux)
La comédie policière du crime à cacherCréé en France par l’improvisateur Christophe Lechevillier, A Dodgy Plan (Un Plan Foireux) est une comédie policière d’une heure, teintée d’humour noir, autour de la dissimulation d’un meurtre accidentel.
Cinq acteurs incarnent des habitants d’une petite ville suggérée par le public. Dès le début, l’un des personnages tue accidentellement un de ses concitoyens. Les survivants s’unissent alors pour concevoir un « plan foireux » afin de cacher le corps et d’éviter l’arrestation du coupable. Le public suit les rebondissements de la machination, rythmée par les embûches et les mensonges des protagonistes.
Le crime accidentel de départ, moteur d’une mécanique comique implacable.
BIO | Toute une vie en trois acteurs
BIO
Toute une vie en trois acteursCréé au sein de l’école des Impronautes à Paris, BIO est un long-form biographique qui retrace l’existence complète d’un personnage-héros unique.
Trois comédiens racontent la vie d’un personnage central, choisi d’après une suggestion du public. Le spectacle est un montage de scènes représentant les moments pivots de son existence (les instants drôles, tragiques ou absurdes) de sa petite enfance jusqu’à son lit de mort. Une biographie improvisée, condensée en un seul spectacle.
La vie entière d’un héros, de la naissance à la mort, en un montage de scènes.
Les Frontières de l’Inédit | Les formats hybrides et engagés
Ici, l’impro sort de son cadre. Elle se marie au dessin, au cirque, à la langue des signes ou à internet. Elle descend dans la rue, s’engage politiquement, ou fait monter le public sur scène. Ces formats repoussent les limites de ce qu’un spectacle d’improvisation peut être. Bienvenue à la frontière.
La Soirée d’Improvisation (Grand Cirque Ordinaire, 1970) | Le tout premier spectacle improvisé
La Soirée d’Improvisation (GCO, 1970)
Le tout premier spectacle improviséAvant la LNI, avant le Match, il y a eu ça. Présenté à l’été 1970 par la troupe mythique du Grand Cirque Ordinaire, c’est le tout premier concept de spectacle entièrement improvisé joué devant un public au Québec, huit ans avant la Ligue Nationale d’Improvisation.
Le spectacle se déroule en deux temps. D’abord une partie didactique de démonstration : la troupe initie directement le public aux exercices de confiance, de mime et d’écoute physique. Puis une seconde partie libre, « sans filet, sans thème et sans limites », où les comédiens se lancent dans un ou deux grands récits fleuves inspirés de la réalité sociale de la ville d’accueil. En 1973, le spectacle T’en rappelles-tu, Pibrac ? fut ainsi improvisé à partir d’un conflit social réel raconté par les habitants du village.
La partie « sans filet, sans thème et sans limites », ancêtre de toute l’impro québécoise.
Les Contes Zinédits | L’impro pour le jeune public
Les Contes Zinédits
L’impro pour le jeune publicDéveloppé par la compagnie professionnelle Inédit Théâtre, ce spectacle d’improvisation narrative s’adresse entièrement aux enfants et au jeune public.
Sur scène, trois comédiens, une malle remplie de vrais costumes et accessoires, et un musicien créent en direct des contes fantastiques. Toute l’histoire se construit à partir des mots, des dessins ou des objets proposés par les enfants présents dans la salle. Les jeunes spectateurs deviennent ainsi les véritables auteurs du récit, guidant les comédiens au fil de leurs idées.
Des contes nés des mots, dessins et objets des enfants, avec malle de costumes et musicien live.
Dojo | Le laboratoire de l’impro expérimentale
Dojo
Le laboratoire de l’impro expérimentaleCréé par Frédéric Barbusci au sein des Productions de l’Instable à Montréal, Dojo est un spectacle-laboratoire d’improvisation expérimentale pure.
Ce format de cabaret associe des étudiants avancés en improvisation à des comédiens professionnels chevronnés. Ensemble, ils montent sur scène pour explorer des contraintes de jeu inédites et expérimentales, devant public, sans filet. L’objectif n’est pas la performance, mais la recherche artistique et la déconstruction des automatismes de jeu. Un espace rare où l’on vient tester, chercher et se tromper.
Le plateau-laboratoire où amateurs avancés et pros déconstruisent leurs automatismes.
Le Théâtre-Forum (Théâtre de l’Opprimé) | Quand le public change l’histoire
Le Théâtre-Forum (Théâtre de l’Opprimé)
Quand le public change l’histoireInventé au Brésil en 1964 par le metteur en scène Augusto Boal, le Théâtre-Forum est un spectacle d’intervention sociale et politique. Son but : mettre en lumière et résoudre collectivement une injustice ou un rapport de force.
Des comédiens jouent une scène de conflit qui se termine par l’échec d’un personnage opprimé. Le meneur de jeu interrompt alors la représentation et invite les spectateurs (devenus « spect-acteurs ») à monter physiquement sur scène pour remplacer la victime. Le spectateur improvise une alternative face aux autres comédiens, restés dans leur rôle d’oppresseurs, pour tenter de modifier positivement l’issue de l’histoire.
Le spect-acteur qui monte sur scène remplacer la victime pour changer le cours de l’histoire.
Les Spectacles d’Improvisation Engagée (À Propos) | L’impro qui bouscule les clichés
L’Improvisation Engagée (À Propos)
L’impro qui bouscule les clichésIssus du mouvement contemporain de l’improvisation politique et inclusive, ces spectacles interrogent des thématiques de société (sexisme, genre, racisme, différence) en cassant volontairement les clichés du plateau.
Plusieurs concepts marquants illustrent ce courant : « Rouge » (La Compagnie qui pétille, Bruxelles), impro longue forme sur le genre et le sexisme avec un line-up exclusivement féminin ; « Vilaines » (Julie Doyelle & Léa Marchand), spectacle féministe de dénonciation des violences ordinaires ; « Freaks », sur la différence et l’altérité ; « Rainbow Warriors », au casting exclusivement LGBTQIA+ ; « Les Mains Bavardes » (Les Écorcés), entièrement joué en langue des signes pour inclure le public sourd ; et « BlackoutImprov » (USA), composé exclusivement d’artistes racisés.
L’impro comme outil militant qui casse les clichés du plateau.
Banc Public | L’impro de rue, 24 heures non-stop
Banc Public
L’impro de rue, 24 heures non-stopCréé en 2007 par la compagnie professionnelle française La Troupe à Tours, Banc Public est un spectacle d’improvisation de rue à l’impact hautement immersif.
Les improvisateurs s’installent sur un véritable banc public, dans un parc ou une rue passante. Pendant 24 heures en continu, ils improvisent les chassés-croisés, les conversations, les rencontres et la vie quotidienne des usagers de ce banc, sous les yeux des passants et des spectateurs du festival d’arts de rue. Un marathon d’endurance où la fiction se fond dans le décor réel de la ville.
24 heures d’impro non-stop sur un vrai banc public, au milieu des passants.
L’Impro-BD | Le théâtre rencontre la bande dessinée
L’Impro-BD
Le théâtre rencontre la bande dessinéeNé au Québec, l’Impro-BD fait cohabiter sur le même plateau des comédiens improvisateurs et des dessinateurs de bande dessinée professionnels.
Les dessinateurs travaillent en direct sur des tablettes graphiques, dont l’image est projetée sur un écran géant au-dessus de la scène. Les comédiens s’emparent des décors et des cases dessinés pour guider leurs répliques, tandis que les dessinateurs adaptent leurs images en temps réel selon les postures et la voix des acteurs. Un dialogue permanent entre le trait et le jeu, où chaque art nourrit l’autre.
Les cases dessinées en direct, projetées sur écran géant, qui guident les comédiens.
L’Impro-Cirque | L’improvisation en apesanteur
L’Impro-Cirque
L’improvisation en apesanteurDéveloppé au Québec, l’Impro-Cirque est un spectacle hybride de très haute performance physique, qui fusionne l’art dramatique de l’improvisation aux techniques du cirque : acrobatie, trapèze, jonglerie.
Sur scène, les improvisateurs partagent le plateau avec des artistes de cirque. L’intrigue dramatique s’écrit en direct à partir des exploits et des mouvements acrobatiques, imposant aux comédiens une adaptation physique et spatiale extraordinaire. Le récit et la prouesse corporelle avancent main dans la main, en temps réel.
L’intrigue qui s’écrit à partir des exploits acrobatiques réalisés en direct.
La Netprov | L’impro narrative sur internet
La Netprov
L’impro narrative sur internetLa Netprov (improvisation en réseau) est une œuvre d’improvisation narrative menée entièrement sur internet et les réseaux.
Plusieurs improvisateurs se connectent simultanément sur une plateforme web interactive et co-écrivent une fiction en temps réel, sous l’œil des lecteurs-internautes. Ces derniers ne sont pas de simples spectateurs : ils interviennent dans le fil de discussion pour ajouter des contraintes, modifier l’histoire ou apporter des images et des vidéos que les comédiens doivent intégrer à leur écriture. La scène devient un écran, et le public un co-auteur.
L’œuvre co-écrite en direct sur le web, enrichie en temps réel par les internautes.
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