Déroulé de l'exercice
📋 Comment le mener
Les joueurs se placent en duos face à face, ou en cercle pour un aller-retour plus rapide. L’objectif est simple : chasser la question ouverte (« D’où tu viens ? », « Qu’est-ce que tu fais là ? ») et la remplacer par une offre narrative concrète.
Le déroulement suit trois temps :
- Le joueur A sent venir une question réflexe, ou commence à la formuler.
- Il s’arrête et la reformule en affirmation, avant que B ne réponde ou dès le signal de l’animateur. Il y ajoute au moins un détail spécifique : un lieu, un objet, une émotion ou un lien entre les personnages. « Qu’est-ce que tu fais ? » devient par exemple « Tu nettoies encore la montre en or de ton père. »
- Le joueur B accepte l’affirmation et rebondit dessus. Il ne la contredit pas et ne la commente pas : il l’enrichit à son tour, idéalement avec une nouvelle affirmation.
Le groupe peut ensuite enchaîner sur des scènes plus longues, où la consigne s’applique en continu.
Règle d’or : une question demande, une affirmation donne. Sur scène, on donne.
Adaptations
🔀 Variantes & Adaptations
Variante 1 — L’offre ouverte
Le joueur A lance une affirmation volontairement mystérieuse : « Chaque fois que tu rentres, tu as cette odeur de brûlé sur toi. » B en invente l’origine : « Le four de la boulangerie a encore explosé. » A apprend ainsi à proposer sans tout verrouiller, et B à compléter une offre en toute confiance.
Variante 2 — La scène zéro question
Deux joueurs improvisent une scène complète de 2 à 3 minutes, sans aucune question autorisée. C’est une version allégée du « ni je ni questions » de Stephen Book. Les joueurs gagnent en aplomb et la scène devient nettement plus fluide.
Variante 3 — Le relais en cercle
En cercle, l’animateur lance une question banale. Chaque joueur, à tour de rôle, la reformule en affirmation différente. Le groupe découvre qu’une même question peut ouvrir dix scènes. C’est aussi un excellent échauffement de l’imagination.
Objectif pédagogique
🎯 Ce que travaille cet exercice
- L’initiative : chaque joueur apprend à apporter de la matière à la scène au lieu d’attendre que son partenaire invente tout à sa place.
- La spécificité : l’affirmation oblige à nommer un lieu, un objet, une émotion ou une relation. Le plateau se construit plus vite et plus concrètement.
- L’engagement : en supprimant la question, on supprime aussi l’hésitation. Le joueur fait un choix et l’assume.
- L’écoute et l’acceptation : le partenaire reçoit une offre claire et doit la valider pour rebondir dessus, sans la discuter.
- La conscience de ses automatismes : l’exercice révèle les tics de langage qui freinent la scène sans qu’on s’en rende compte.
Conseils pratiques
💡 Nos conseils
- Exige du spécifique. « Tu es là » n’aide pas plus qu’une question. Réclame des noms, des couleurs, des objets, des lieux, des intentions. Plus c’est précis, plus le partenaire a de prise.
- Interviens vite et avec légèreté. Un clap de mains suffit dès qu’une question tombe. Le joueur respire, annule et reformule. Garde un ton joueur : il s’agit de casser un réflexe, pas de sanctionner.
- Repère les questions déguisées. « Je me demande où tu étais » ou « Tu ne serais pas allé au stade, par hasard ? » restent des questions. Fais-les reformuler aussi.
- Valorise la première impulsion. Les joueurs cherchent souvent l’affirmation brillante et se figent. Rappelle-leur qu’une affirmation simple vaut mieux qu’une question brillante. Il suffit de nommer ce qu’on voit ou ce qu’on ressent chez l’autre.
- Surveille le partenaire autant que l’offreur. Une belle affirmation ne sert à rien si B la contourne. Vérifie que l’offre est vraiment acceptée et utilisée.
- Débriefe en comparant. Demande au groupe ce qui change dans la scène quand la question disparaît : le rythme, la clarté de la relation, le plaisir de jeu. Les joueurs le sentent tout de suite.