Exercice  ·  Écoute & Concentration

Ni Je Ni Questions

Deux joueurs construisent une scène sans jamais dire « je » ni poser la moindre question, pour s'obliger à nourrir le partenaire par des affirmations.

Type Exercice, Jeu
Public Tous publics
Niveau Tous niveaux
Format Duo
Durée 10–20 min
Parole Avec parole
Énergie Dynamique

Déroulé de l'exercice

📋 Comment le mener

Les joueurs passent par deux, au centre du plateau, face à face. Le groupe reste en public. L’objectif est simple à énoncer et redoutable à tenir : jouer une scène de deux à trois minutes sans prononcer « je » ni « j’ », et sans poser une seule question.

  1. Le cadre de départ : l’animateur donne au duo une situation simple. Par exemple deux chirurgiens avant une opération, un client chez son tailleur, deux voisins de part et d’autre d’une haie.
  2. Le lancement : la scène démarre. Les joueurs n’ont que trois outils : parler de l’autre (« tu », « vous »), parler du duo (« nous ») ou décrire directement l’environnement et l’action.
  3. La correction en direct : dès qu’un « je » ou une question s’échappe, l’animateur frappe dans ses mains. Le joueur ne sort pas du jeu. Il reformule sa réplique en affirmation ou en « tu », et la scène reprend là où elle s’était arrêtée.
  4. La fin de scène : au bout de deux à trois minutes, l’animateur coupe. Le duo suivant prend la place avec une nouvelle situation.
  5. Le retour du groupe : le public relève les répliques qui ont le plus fait avancer la scène et celles qui ont tourné en rond.

Par exemple, « Où vas-tu comme ça ? » devient « Tu retournes encore au stade sous cette pluie battante. » Une seule phrase pose le lieu, l’action et une habitude du personnage.

La règle d’or : une bonne réplique ne demande rien, elle donne.

  • L’écoute active : sans le « je » pour se raccrocher à soi, le joueur doit regarder son partenaire et s’appuyer sur ce qu’il propose pour trouver sa réplique suivante.
  • L’initiative : chaque question interdite devient une affirmation. Le joueur prend la responsabilité de poser le lieu, l’action ou l’enjeu au lieu de refiler la patate chaude.
  • La générosité envers le partenaire : le « tu » et le « vous » obligent à définir l’autre, à lui donner un statut, une émotion ou une habitude. Le partenaire reçoit de la matière à jouer.
  • La construction de la relation : le « nous » fait émerger une histoire commune et un enjeu partagé, au lieu de deux monologues parallèles.
  • La précision des propositions : une affirmation vague ne mène nulle part. L’exercice pousse vers le détail concret, celui qui fait avancer la scène.
  • Commence lentement : les premières scènes vont être hachées, c’est normal. Laisse le temps aux joueurs de chercher leur formulation plutôt que de presser le rythme dès le départ.
  • Méfie-toi des fausses affirmations : « Tu sais sûrement où on est » est une question déguisée. Signale-la comme une vraie question pour que le groupe repère ce réflexe.
  • Exige du spécifique : « Tu as l’air triste » reste pauvre. Pousse vers « Tu n’as pas touché à ton café depuis la lettre de ce matin ». Le détail crée l’histoire.
  • Surveille le ton : sous contrainte, certains joueurs deviennent robotiques et récitent des phrases construites. Rappelle que les personnages restent vivants et incarnés, la contrainte doit disparaître derrière le jeu.
  • Ne laisse pas le « tu » devenir accusateur : certains duos glissent vers un enchaînement de reproches. Encourage aussi les « tu » qui valorisent, qui admirent ou qui rassurent.

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