Petite philosophie de l’improvisation
Dans Petite philosophie de l’improvisation , le trompettiste Ibrahim Maalouf raconte son rapport à l’improvisation, de son enfance libanaise au piano jusqu’à ses cours au conservatoire. Le livre a quatre parties. L’improvisation y est vue comme une libération, puis comme une transmission, puis comme une thérapie, et enfin comme un moyen de mieux vivre ensemble. Il s’appuie sur la musique, sur des souvenirs personnels et sur sa manière d’enseigner pour défendre une idée : improviser, c’est une façon de vivre.
Ce qui nous a frappés, c’est à quel point un livre de musicien parle aux improvisateurs de théâtre. Écouter l’autre, accepter de se tromper, oser le silence, construire à plusieurs sans chef : tout y est, raconté avec sincérité et sans jargon. Le pas de côté fait du bien, parce que Maalouf ne te donne pas de recettes de scène. Il t’aide plutôt à comprendre pourquoi tu improvises.
- tu veux prendre du recul sur ta pratique et réfléchir au sens de l’impro, au-delà des techniques de jeu
- tu animes des ateliers et tu cherches une approche bienveillante pour libérer tes élèves de la peur de mal faire
- tu aimes les regards venus d’autres arts et les ponts entre musique, théâtre et vie quotidienne
- « Faites ce que vous voulez ! » : c’est la consigne qui ouvre chacun de ses cours. Il la redonne ensuite après chaque échange de groupe pour faire émerger une création commune.
- « Dès l’enfance, improviser, c’est oser. » L’enfant crée librement. L’adulte doit retrouver cette audace, que les apprentissages et le regard des autres lui ont fait perdre.
- Pour lui, l’erreur est une matière première. On peut la valoriser, la provoquer, et même jouer avec. C’est la sanctionner qui bride la créativité.
- « Le jeu, en soi, c’est l’art de faire face à l’échec. » Jouer, c’est aussi ne pas trop se prendre au sérieux.
- Improviser à plusieurs, c’est comme une conversation. Il faut écouter, chercher les points communs, savoir se taire et faire confiance au groupe.
- « Le silence transmet paradoxalement beaucoup d’informations. » Le vide n’est pas un gouffre mais un réceptacle, un point de départ pour créer.
- Improviser ne veut pas dire partir de rien. On s’appuie sur sa culture, sa technique, ses émotions et ses lectures. Ce n’est qu’un apparent paradoxe.
- Le début d’une impro peut être chaotique. C’est la suite qui lui donne son sens, à condition d’être patient.
- Ce qu’il cherche en improvisant, ce n’est pas la virtuosité, mais « la justesse et la sincérité, la présence et la confiance ».
- La devise de sa grand-mère, « Moi, je m’adapte », résume selon lui l’esprit de l’improvisation.
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