Improvise, Scene from the Inside Out
Dans Improvise: Scene from the Inside Out (Heinemann, 2004), Mick Napier, fondateur de l’Annoyance Theatre de Chicago et metteur en scène à Second City, explique comment construire une scène d’impro « de l’intérieur ». Il commence par démonter les règles classiques de l’impro (ne pas poser de questions, dire « oui, et », ne pas parler du passé…), puis propose une méthode en trois temps : faire quelque chose dès le début, prendre conscience de ce qu’on vient de créer, puis le tenir et l’amplifier. Le livre aborde ensuite le contexte, les problèmes fréquents, les scènes à trois ou plus, les entrées en scène et une série d’outils pour enrichir son jeu. Il se termine par des exercices à faire seul chez soi. Le livre est en anglais.
Pour le point de départ : pour Mick Napier, les règles ne font pas une bonne scène, et les apprendre par cœur te fait surtout réfléchir en jouant, donc rester bloqué dans ta tête. Il ramène tout à une cause unique, la peur, et donne une réponse simple et radicale : fais un choix fort tout de suite et tiens-le. Le ton est drôle, piquant, plein d’images (Dorothée du Magicien d’Oz, la thermodynamique appliquée à la scène), et ça se lit d’une traite.
- tu as pris des cours, tu connais les règles par cœur et tu te sens pourtant coincé dès que la lumière s’allume
- tu veux comprendre pourquoi tes scènes s’essoufflent après deux répliques
- tu cherches des outils concrets pour oser des personnages forts et les tenir jusqu’au bout
- Les règles de l’impro décrivent les symptômes des mauvaises scènes, pas leurs causes. Une scène peut toutes les respecter et rester ennuyeuse.
- La vraie cause d’une scène ratée, c’est la peur : on se protège en posant des questions, en donnant des ordres ou en se justifiant.
- Au début d’une scène, ce que tu fais compte moins que le fait de faire quelque chose, tout de suite.
- Prends soin de toi d’abord : le meilleur soutien que tu peux offrir à ton partenaire, c’est un choix fort, pas de la politesse.
- Juste après ton initiative, prends une demi-seconde pour remarquer ce que tu viens de créer, sans te juger. C’est ta feuille de route.
- Le « comment » compte plus que le « quoi » : l’émotion, l’intonation, le corps et le point de vue font rire, bien plus que les mots.
- Tiens ton choix et amplifie-le, comme Dorothée qui ne renonce jamais à rentrer au Kansas. Quand tu crois être à court d’idées, ajoute un élément que ton personnage peut vivre à travers son point de vue, au lieu de tout changer.
- Les pièges à repérer : se justifier, laisser des pauses dictées par la peur, lâcher son point de vue dès que les rires tardent.
- Des outils concrets : le choix à l’opposé de ce qu’on attend (au garage de voitures d’occasion, on ne vend pas de voiture), la précision des détails, les surprises, les objets et les tics personnels.
- Chaque réplique et chaque geste doit nourrir le sujet de la scène, sinon c’est de l’énergie perdue.
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