L’improvisation retrouvée
Raymond Cloutier, comédien québécois, cofondateur du Grand Cirque Ordinaire et ancien directeur du Conservatoire d’art dramatique de Montréal, partage 50 ans de pratique de l’improvisation. Le livre se lit en trois temps. « Sources » raconte son parcours, de l’atelier de Paul Hébert aux cours de Marc Doré, puis aux créations collectives des années 1970. « Manifeste » analyse de façon critique le modèle du match d’impro né avec la LNI en 1977. « Manuel » détaille sa méthode d’atelier pour improviser librement, en troupe, de longs récits.
Pour le pas de côté : là où la plupart des ouvrages enseignent l’impro par le format match, Raymond Cloutier propose de repartir de zéro, sans thème, sans chrono, sans arbitre, et de construire l’histoire à partir de ce que tu ressens vraiment. Le manifeste est volontairement sévère et va te faire réagir, d’accord ou pas. Le manuel est précis : chaque exercice est décrit avec ses consignes et ses pièges.
- L’improvisation est présentée comme la mère de tout art dramatique, et la création collective comme sa forme la plus aboutie.
- Trois règles fondatrices seulement : une aire de jeu nettement délimitée, la liberté d’entrer et de sortir du jeu, et le respect absolu des conventions posées sur le plateau.
- On improvise à partir de l’affect (sensations, émotions réelles du moment) et non à partir d’une idée préparée.
- « Si vous ne faites pas d’erreur, je ne peux rien vous apprendre » : on progresse en analysant les échecs, jamais en inventant après coup le « bon » scénario.
- Des exercices fondateurs : l’étoile sonore, l’animal, le dos-à-dos, « l’un regarde, l’autre pas », le changement par analogie, l’oncle riche.
- Des outils pour relancer un récit depuis la coulisse : le narrateur, les « anges » (voix intérieure d’un personnage), l’intervention lors d’un jumelage entre deux personnages.
- Des pièges bien identifiés : l’interview, la jasette, les discussions sur une convention, la prise de contrôle en metteur en scène, l’hôpital ou la police, jouer une fonction au lieu d’un individu, et le « réflexe de la bonté ».
- Thème imposé, temps limité, compétition, arbitre et vote du public sont analysés comme sept « contaminants » qui poussent vers l’illustration et la démonstration.
- « Faire n’importe quoi, ce n’est pas improviser » : la liberté exige cohérence, écoute et rigueur.
- Une fois la troupe aguerrie, l’improvisation libre peut se mettre au service d’une thématique ou d’une commande (théâtre utilitaire, colloque, communauté).
- tu joues en match depuis longtemps et tu as envie d’explorer une impro plus lente, plus intime, plus narrative
- tu animes des ateliers et tu cherches des exercices pour faire naître le jeu à partir des émotions plutôt que des idées
- tu t’intéresses à l’histoire de l’improvisation et de la création collective au Québec
Ressources similaires
Une ressource manque dans notre bibliothèque ?
Suggérer une ressource ✉
Commentaires
Laisser un commentaire